La surface de l’eau constitue la frontière entre deux mondes : le notre, terrestre et aérien et l’autre sous-marin, que nous n’avons de cesse de côtoyer et de découvrir en perçant ses reflets.
Par l’artifice de nos leurres, nous attirons vers nous le peuple des eaux.
Ils font alors une incursion momentanée de l’autre coté, le notre.
Ce miroir aqueux est-il étanche ?
Rien n’est moins sur. Parfois, il laisse pénétrer nos regards avides.
La nature fait également preuve d’une imagination débordante pour créer des traits d’union entre les deux surfaces. Certains trouvent leur équilibre vital au sein des deux milieux. Ils déambulent sur le rivage, jamais très loin de cette frontière, dont les limites sont fixées par notre astre lunaire.
D’autres remontent inlassablement prendre l’air qui leur manque dans l’eau ou retourne à terre pour y déposer le fruit de leur pérennité.
Une ligne nous relie à l’autre monde nous invitant sans cesse à revenir vers ces horizons aquatiques.
Est-ce les couleurs improbables mais pourtant réelles ?
Le mystère des forets noyées de corail ?
L’ivresse du miroir renversant les reflets ?
Ou tout simplement le fait que nous sommes constitués en grande partie d’eau et que ces mondes sont un tout, à notre image, indissociables telle notre ombre ?
